• Ce que je pense

    En ce début d’année 2006, je voudrais vous exposer mes questionnements et proposer des réponses. Ma position est singulière : je ne suis pas responsable politique

    Ce que je penseEn ce début d’année 2006, je voudrais vous exposer mes questionnements et proposer des réponses. Ma position est singulière : je ne suis pas responsable politique. Je ne suis qu’un simple militant de L’UPADS. Je suis profondément attaché au débat public comme à la vie de mon pays dont la population souffre tous les jours de l’incompétence de ses dirigeants.

    Je suis à la bonne distance pour faire entendre la libre réflexion d’un homme qui aspire aux responsabilités politiques pour changer la vie du peuple congolais.

    Je ne souhaite pas traiter dans mon propos tous les problèmes qui se posent au Congo. J’ai choisi quatre thèmes qui me paraissent importants pour éclairer la réalité actuelle, fixer des repères et esquisser des solutions.

    LA CRISE A L’UPADS

    Cette crise trouve ses origines dans les fondations du parti. L’UPADS a été créé en 1991 pour permettre au président Pascal Lissouba d’avoir une machine lui permettant d’accéder à la magistrature suprême en 1992. Dès lors la création de ce parti n’a jamais obéit à une logique doctrinaire ou philosophique. L’UPADS c’est d’abord une machine créer pour Lissouba et lui seul. La conséquence d’une telle approche est la forte identification entre le parti et son leader.

    Il y a quelque chose de fondamental qui manque à L’UPADS pour perdurer, c’est une ligne politique au-delà de la personnalité de Pascal Lissouba.

    Le PCT survivra sûrement à Sassou Nguesso parce que la ligne politique de ce parti est le stalinisme même si les dirigeants de cette formation politique affirment s’en être émancipés ; Le MCDDI survivra à Bernard Kolélas parce que la ligne politique de ce parti est le Matsouanisme.

    J’aurais aimé que L’UPADS ait une ligne politique qui serait le condensé de la vision politique de Pascal Lissouba. J’ai essayé l’année dernière dans un article que j’avais intitulé : Le Lissoubisme la doctrine de L’UPADS d’en donner les contours. Je constate qu’aujourd’hui la ligne politique du parti n’existe pas et cette absence est très préjudiciable étant donné le retrait progressif du président de la gestion du parti.

    Lissouba par la force de l’âge laisse aujourd’hui un parti qu’il va être difficile de conduire. Chacun essaie d’en prendre le contrôle en usant d’artifice plus ou moins contestable. Il y a trois légitimités qui ne sont pas de même nature qui s’affrontent pour garder le contrôle de L’UPADS :

    La légitimité Lissoubiste que je peux représenter par les dernières orientations de Pascal Lissouba, celle du 26/07/2004 ; la légitimité statutaire dont se réclame Christophe Moukouéké. Plus récemment une autre légitimité a voulu s’exprimer c’est la légitimité familiale. Il faut noter que ces légitimités ne sont pas figées. Par exemple toutes les trois utilisent souvent l’argument des statuts.

    Toutes ces légitimités ne valent rien pris individuellement. Elles sont obligées pour avoir un poids politique conséquent capable d’ébranler le régime de Brazzaville de s’entendre autour d’un idéal que je qualifierai de démocratique.

    Il faut redonner au sein de L’UPADS le pouvoir aux militants, qui doivent devenir l’élément central de la vie du parti.

    La démocratie me semble être le seul moyen de règlement des divisions que traversent L’UPADS ; il est aussi le seul moyen qui permettra la survie d’un parti qui est aujourd’hui en pleine déliquescence.

     

    L’exemple des partis modernes occidentaux comme le parti socialiste Français doit tous nous interpeller. Quand il y a un problème dans un parti, il appartient aux militants de le régler par un vote démocratique.

    Il faut faire passer L’UPADS de parti de Lissouba à un vrai parti de militants. C’est pour cela que toutes les querelles actuelles me semblent être un combat d’arrière garde. Le plus important aujourd’hui est d’aller au congrès le plus rapidement possible dans la transparence et la démocratie afin que nous nous dotions d’une doctrine, d’un projet et de responsable capable d’incarner la doctrine et le projet upadsiens.

    Si nous refusons de démocratiser L’UPADS, nul doute que ce parti s’éteindra aussi vite qu’il est apparu en 1991.

    J’appelle les différents responsables de L’UPADS au dépassement de soi, à la prise en compte de l’intérêt général. Je leur demande de ne pas oublier nos martyrs qui se sont battus pour sauvegarder la démocratie. Nos morts nous regardent et il est de notre devoir de les honorer en pacifiant notre parti et en repartant le plus rapidement possible dans l’arène politique uni et fort pour combattre démocratiquement Sassou Nguesso, afin de redonner espoir au peuple congolais.

    LES PROCHAINES ELECTIONS DE 2007 ET 2009

    S’il y a une idée qui m’horrifie actuellement c’est la perspective que l’opposition et notamment L’UPADS puisse participer aux futures échéances électorales de Sassou Nguesso. Comment comprendre que nous manquions autant de convictions en allant participer à des élections que nous savons déjà perdu ? Sassou Nguesso mettra en place une commission électorale qu’il maîtrise ; l’armée et sa milice cobras sont sous son contrôle et on a la naïveté de croire qu’il est possible de le battre !

    Je le dis et je le répète, il ne faut pas participer à ces élections car nous allons les perdre. Le rapport de force n’est pas en notre faveur. L’exemple togolais et gabonais doit nous interpeller. La Françafrique se mettra en branle pour assurer la victoire de son poulain Sassou Nguesso comme elle l’a fait au Togo pour Faure Eyadema et récemment au Gabon pour Omar Bongo.

    Je sais que pour beaucoup de nos aînés, les prochaines échéances qui arrivent sont la dernière occasion de briller en politique en se faisant élire député ou maire ou en se faisant nommer dans un gouvernement d’union nationale. Cette génération sexagénaire pense aller aux élections pour assurer leur fin de vie et surtout en oubliant qu’en participant à de telles élections, ils consolideront le pouvoir de Sassou. Il est vrai que pour beaucoup d’entre eux Sassou a définitivement gagné ; il faut donc collaborer avec lui pour obtenir des positions.

    Moi je pense qu’il faut laisser Sassou et ceux qui le soutiennent assumer seul l’échec de leur politique qui inévitablement entraînera leur chute à l’image de toutes les dictatures du monde.

    Je dis à nos aînés de ne pas abandonner le combat du retour de la démocratie au Congo même s’ils doivent prendre le risque de ne plus jamais occuper des responsabilités politiques. C’est cela qui doit les préoccuper et non la participation aux futures échéances de 2007 et 2009.

    On ne peut pas avoir exclu monsieur Kignoumbi Kia Mbougou de L’UPADS pour avoir participé aux élections de 2002 et faire la même chose aujourd’hui alors que les conditions politiques n’ont pas changé.

    Il y a eu trop de morts au Congo pour que certains aujourd’hui à L’UPADS aillent participer comme si de rien n’était à des élections organisées par Sassou. Ce qu’il faut, c’est exiger de Sassou la mise en place d’un forum de réconciliation nationale à l’image de la procédure sud-africaine et une refonte des institutions du Congo. N’oublions pas que les institutions actuelles n’ont aucune légitimité populaire, étant donné le taux d’abstention qui a caractérisé les différents scrutins de 2002.

    L’UPADS porte une responsabilité morale dans la souffrance de notre peuple et son combat actuel doit être accès sur la réconciliation nationale et le retour de la véritable démocratie afin que plus jamais dans l’histoire politique de notre pays, la force militaire soit un moyen d’accession au pouvoir.

    L’ELECTION DE SASSOU NGUESSO AU POSTE DE PRESIDENT DE L’UNION AFRICAINE

    L’élection de Sassou Nguesso au poste honorifique de président de l’Union africaine fait partie de ces bizarreries de ce début d’année 2006.Je ne ressens aucune fierté en tant qu’Africain ou Congolais de cette nomination faite par un cartel de dictateur à l’origine de la souffrance des africains.

    On a souvent épilogué sur la nécessité de l’unité africaine comme moyen d’intégration politique et économique pour sortir le continent du sous-développement.

    Je constate que l’Union européenne s’est construite autour des valeurs démocratiques et d’économie de libre-échange. Le débat sur l’entrée de la Turquie en Europe pose en effet le problème de son adhésion aux valeurs démocratiques et des droits de l’homme.

    Le problème de l’Union africaine c’est qu’elle accepte en son sein tout le monde y compris des gens infréquentables qui se sont illustrés dans leurs pays par des massacres humains à grande échelle.

    Je pense que l’Union africaine n’apportera rien de bon aux populations de l’Afrique. Ses valeurs non démocratiques et non respectueuses des droits de l’homme portent en elle les germes d’un échec auto programmé.

    Pour 2006, l’Union africaine s’est choisi comme président un dictateur portant une lourde responsabilité dans la disparition de nombreux congolais 'Affaire des disparus du Beach'. L’année prochaine un autre génocidaire, celui du Darfour prendra la présidence de l’union africaine. Quelle horreur !

    LA GESTION PETROLIERE DU REGIME SASSOU.

    Alors que le pétrole coule à flot pour certains congolais proches du régime Sassou, tous les jours,  quand vous téléphonez au Congo, on vous dit qu’il n y a  pas d’électricité, d’eau. Les conditions sanitaires sont déplorables. Nos hôpitaux sont des mouroirs, les déchets ne sont pas ramassés favorisant ainsi les épidémies etc.

    Et pourtant depuis le départ du Congo de Pascal Lissouba et de son gouvernement, la richesse nationale a plus que doublé. Que fait Sassou Nguesso avec tout cet argent ? Crois-t-il que c’est le sien ? Pourquoi Le peuple congolais ne réagit-il pas au lieu de se vautrer dans les églises croyant naïvement que la libération viendra du ciel ?

    Il est grand temps que le peuple se soulève contre un régime qui l’axphixie.Il est anormal que le pétrole congolais devienne le bien privé d’un groupe d’individu proche du régime.

    Le pétrole appartient collectivement à tous les Congolais et ceux qui en font un usage privé en s’enrichissant au détriment du peuple devront être un jour poursuivi en justice pour leurs actes criminels ; car il est criminel de remplir son compte en banque de milliards de dollars et de laisser des congolais mourir dans des hôpitaux sous équipés ; il est également criminel de remplir son compte en banque de milliards de dollars alors que nos enfants souffrent de malnutrition.

    Le pétrole semble être une malédiction pour le Congo. On se bat pour le contrôler à des fins personnelles. Quand je pense que certains pays du Moyen-Orient se sont battus pour contrôler toute la filière pétrolière (de l’extraction à la commercialisation) au profit de leur population !

    Au Congo, aucune politique pétrolière n’a vu le jour depuis le début de l’extraction pétrolière dans notre pays.

    Puisque les responsables congolais manquent de sagesse dès qu’ils ont entre leur main la gestion du pétrole ; Puisque le pétrole les rend fou, je pense qu’il faut dorénavant que ce pétrole soit géré en toute transparence par un directoire tripartite : le gouvernement, la société civile et les organismes internationaux comme la banque mondiale ou le FMI.

    Je souhaite que l’ensemble de l’opposition démocratique congolaise s’engage dans cette voie pour éviter que les scandales du régime actuel continuent à essaimer quand Sassou Nguesso et sa bande auront définitivement quitté le pouvoir.

    Kovalin TCHIBINDA