• La jeunesse congolaise reflet de la société congolaise.

    J’ai lu avec un intérêt particulier le dernier article de mon compatriote Claude Éric Mabiala intitulé « La Jeunesse Congolaise : Une balle sortie du canon ou alors une force émergente ? » que je félicite au passage pour sa clairvoyance et sa vision politique.

    La jeunesse congolaise reflet de la société congolaise.J’ai lu avec un intérêt particulier le dernier article de mon compatriote Claude Éric Mabiala intitulé « La Jeunesse Congolaise : Une balle sortie du canon ou alors une force émergente ? » que je félicite au passage pour sa clairvoyance et sa vision politique.

    Bien que je sois d’accord sur le constat d’échec de nos pères et aînés qui ont hypothéqué l’avenir de la jeunesse, je crois qu’il ne faut pas être utopique sur la place des ethnies comme entité politique en Afrique en général et au Congo en particulier.

    L’ethnie est une composante essentielle de notre culture. Ne pas la prendre en compte c’est renier notre âme d’Africain.

    Si Monsieur Sassou Nguesso travaillait pour l’amélioration des conditions de vies du peuple ; S’il existait au Congo un état de droit ; Si chaque congolais pouvait subvenir aux besoins les plus élémentaires de la vie (Se nourrir, Se soigner, Se former, Travailler, etc.), je ne suis pas sûre que l'ethnicité serait un problème. En tout cas elle n’aurait pas le même impact.

    Les leaders politiques congolais n’auraient jamais pu constituer des milices privées si la jeunesse de tout bord politique n’était pas désespérée.

    Pour de nombreux jeunes congolais, l’accession au pouvoir politique d’un membre de son ethnie ou de son clan est un moyen de subsistance, un moyen rapide d’améliorer sa condition sociale.

    Les jeunes issus de la région du Pool pensent que Bernard Kolélas arrivant au pouvoir, les conditions de vie seront différentes de ce que leur offre Sassou Nguesso et ses courtisans.

    Les jeunes issus de la Cuvette ou proche de Sassou doivent se dire que si jamais Sassou Nguesso quittait le pouvoir, leur condition de vie bien que médiocre actuellement pour beaucoup d’entre eux deviendra pire.

    C’est donc l’espoir d’améliorer leur confort de vie qui poussent certains jeunes vers les armes.

    Les derniers évènements en France dans les banlieues montrent à suffisance que le désespoir social peut conduire à toutes les dérives.

    De cette désespérance sociale naît le racisme en occident (Comme dans les banlieues) et le tribalisme dans les pays africains.

    Les leaders utilisent la pauvreté des populations pour conserver leur leadership ou leur pouvoir en leur faisant rêver une amélioration de leur condition sociale en cas d’accession au pouvoir.

    Je pense que le combat politique au Congo ne pourra pas être un combat d’idéologie à l’image des démocraties occidentales. Elle sera toujours un combat ethnique que nous avons le devoir de pacifier par l’excellence, la compétence, la rigueur et la probité morale de nos jeunes cadres qui accéderont un jour aux responsabilités.

    Le jour ou un cadre du sud du pays se fera remarquer au Nord du Congo par des réalisations palpables ou vice versa, l’élection se déplacera de la sphère tribale à la sphère de la compétence et du résultat.

    Là où les jeunes doivent prendre leur place aujourd’hui quelles que soient leurs ethnies ou leurs partis politiques, c’est dans l’instauration d’une culture de bonne gouvernance, un rejet de la corruption. Ils doivent considérer la charge de l’Etat comme un sacerdoce et non comme un privilège leur permettant de s’enrichir.

    Si la nouvelle génération arrive à instaurer une nouvelle philosophie de la gestion de l’Etat, basée sur la démocratie véritable et la bonne gouvernance, nous arriverons à soigner les plaies béantes que nous aurons laissé les politiciens actuels.

    En cela, la tâche de la future génération politique sera grande, difficile.et capitale. Mais l’espoir est permis.

     

     Kovalin TCHIBINDA