• Un Roitelet africain honore son colonisateur.

    mausole

    Le 03 octobre prochain sera inauguré à Brazzaville, capitale politique de la République du Congo "Le monument de la honte" qui aura coûté au contribuable  congolais 10 milliards de Francs CFA, soit 100 millions de Francs français, 15 millions d'euros  pour honorer un homme qui incarne plus que tout autre l’asservissement des noirs en général et des congolais en particulier.

    Cet homme c’est Pierre Savorgnan de Brazza qui explora la rive droite du fleuve Congo en 1880 ouvrant la voie de la colonisation française en Afrique équatoriale. Alors  qu’en France, Savorgnan de Brazza n'a jamais été  honoré ;  Au Congo,   où il apporta la domination d’une race et le mépris d’une autre, il sera déifier par le régime de Sassou Nguesso.

    Quand on  sait ce qu’a été la colonisation dans son aspect le plus tragique (travaux forcés, massacres d’indigènes, bastonnades, humiliations diverses…), il est très surprenant qu’un pays africain puisse honorer un homme qui a contribué à la servitude du noir ?

    Il est vrai qu’à la différence d’autres nations, au Congo le « Ridiculisme » a été érigé en doctrine politique et idéologique suprême. Le régime congolais est assez atypique en soi.

    Les Indiens d’Amérique par exemple n’ont jamais honoré Christophe Colomb. Les Zoulous d’Afrique du sud ne célèbrent aucun explorateur arrivé sur leur terre. Monsieur Sassou Nguesso, à l’opposé des autres chefs d’états loue la colonisation sans laquelle, il n’aurait jamais accédé avec sa famille à tant de privilèges.

    En édifiants avec l’argent des congolais, un musée en l’honneur de Pierre Savorgnan de Brazza,  Sassou Nguesso, réaffirme son profond dévouement à son maître la France qui l’a réinstallé au pouvoir le 15 octobre 1997 contre la volonté du peuple congolais.

    Ce zèle affectif de Sassou Nguesso pour la France est accompagné d’un fort dédain pour le  peuple congolais. Par son comportement Sassou Nguesso montre à ceux qui en doutaient encore que sa légitimité, il la doit  à l’ancienne puissance coloniale et non à son peuple. Il doit donc faire plaisir à la France en glorifiant la colonisation et éprouvé son peuple qui ne l’a jamais élu et jamais aimé.

    Les dirigeants congolais souffrent d’un complexe d’infériorité à l’égard des européens. Leur goût excessif pour les produits éclaircissants la peau en est le signe le plus visible.

    Il est dommage et regrettable que le gouvernement du Congo ne soit pas capable de dépenser dix milliards de FCFA dans la santé de sa population, la fourniture en eau et en électricité mais soit  prompte à mobiliser des fonds  pour encenser ses  colonisateurs. Le néo-colonialisme est là.

    Pendant la traite négrière et  durant la colonisation, de nombreux "Roitelets" africains ont collaboré  avec les occidentaux pour promouvoir la civilisation européenne  contre la volonté de leurs sujets.

    Sassou Nguesso est actuellement le digne successeur de l’œuvre de ces « roitelets » noirs qui,  pour sauvegarder leur pouvoir, coopéraient avec l'explorateur et le colonisateur.

    De notre temps l’explorateur et le colonisateur se sont métamorphosés en « Francafricateur » ; Et Sassou Nguesso assoit son pouvoir sur ces derniers.

    Rien ne peut justifier  l’édification d'un tel monument aussi onéreux en l’honneur de   Savorgnan de Brazza. Le capital ainsi mobilisé aurait pu servir à autre chose dans un pays qui manque de tout malgré ses colossales richesses.

    Le 03 octobre prochain pendant que Sassou  et les "Francafricateurs"  louangerons Sarvognan de Brazza, la population congolaise devra boycotter l’inauguration de ce monument infâme en pensant à nos héros tombés au front pour l’honneur de l’homme noir.

    Notre dignité de nègre est en jeu.

     

    Kovalin TCHIBINDA