• L'effet gare du NordIl y a bientôt un an j'écrivis un article qui fit couler beaucoup d'encre intitulé 'Comment Nicolas Sarkozy peut gagner'. Dans ma réflexion j'expliquais comment il allait provoquer des émeutes dans les banlieues pour gagner l'élection présidentielle de 2007. J'avais conclu mon texte par cette phrase prémonitoire " Cette histoire n'est qu'une fiction, j'espère qu'elle le restera "

    Malheureusement la fiction est devenue réalité le 27 mars 2007. Les émeutes de la gare du Nord ont conforté Nicolas Sarkozy sans que l'on puisse savoir si ce fut un hasard ou si elles ont été délibérément provoquées dans un but précis ?

    Dans le score du premier tour de Nicolas Sarkozy, il y'a ce que Emmanuel Todd appelle " l'Effet gare du Nord ". Cet historien et démographe démontre dans son dernier article intitulé "Présidentielle : Les dessous des cartes (P38) » publié dans le nouvel observateur de cette semaine comment l'événement de la gare du Nord a permis à Nicolas Sarkozy de récupérer les voix du Front National et d'être en tête au premier tour.

    C'est au moment où Ségolène Royal remontait dans les sondages que cette affaire est apparue. Emmanuel Todd explique je le cite : « On n’a pas voulu le voir, mais à mes yeux, le vrai tournant de la campagne, ce sont les affrontements de la gare du Nord. Auparavant on avait sous-estimé à quel point le soulèvement des banlieues a été un événement traumatique dans le système politique français Il faut aujourd'hui être capable de prendre la mesure du choc que ces émeutes ont provoqué dans l'ensemble de la population… Si je suis prêt à admettre que l'ampleur et la durée de la crise des banlieues ont été dans une certaine mesure accidentelle, je suis plus réservé sur les évènements de la gare du Nord. Souvenons-nous à la veille des affrontements, les intentions de vote entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy étaient en cours d'égalisation. C'est à ce moment-là que Sarkozy a martelé son discours identitaire. Et c'est après les incidents de la gare du Nord que l'opinion s'est polarisée. Mais il s'est agi d'une polarisation malsaine qui a permis à Sarkozy de réussir à décrocher une partie de l'électorat Lepéniste. "

    Je n'avais donc pas tort dans ma fiction du 30 mai 2006. Pour gagner, Nicolas Sarkozy avait besoin d'un coup de pouce des banlieues. Il l'a obtenu avec les émeutes de la gare du Nord. Le problème est de savoir si ce coup de pouce est le fruit du hasard ou a été provoqué par des individus mal intentionnés. En tout cas le doute est permis.

    Au lieu de voter sur les propositions économiques du programme de Nicolas Sarkozy, qui d'ailleurs sont très inégalitaires, les Français ont exprimé une aspiration à l'ordre et une xénophobie à l'égard des étrangers ou des Français " issu de l'immigration "

    Si le candidat de l'UMP gagne dimanche 06 mai, il y'a le risque comme le dit si bien Emmanuel Todd que s'installe au pouvoir une droite radicale qui sait que la stratégie de provocation peut être une technique efficace de gouvernement.

    Les minorités visibles ont vraiment du souci à se faire.

    Kovalin TCHIBINDA

     


  • branly

    J’ai haï Jacques Chirac à qui j'avais imputé la complicité politique et morale des massacres et génocides au Congo-Brazzaville. J’ai vilipendé cet homme qui prononçait de beaux discours sur toutes les tribunes internationales en faveur de l'Afrique, en soutenant des dictateurs qui n'ont d''égale qu'Hitler en Allemagne ou Pol Pot au Cambodge.

    Au crépuscule de sa vie politique, je ne voulais pas m’arrêter sur cette impression ténébreuse que j''avais de lui. Après tout, qu'avait-il fait de pire en comparaison de François Mitterrand qui s'était embourbé au Rwanda ? Je me suis donné pour mission d'essayer de comprendre cet homme qui paraît si sympathique et humain, mais dont la politique africaine n'aura été que ravage pour un continent qui n’en demandait pas tant.

    Depuis quelques semaines un ouvrage d''environ cinq cent pages est devenu mon livre de chevet et j'ai découvert à travers Pierre Péan qui en est l'auteur la face cachée d'un Jacques Chirac que je ne connaissais pas, mais qui m'a révélé les raisons de son attachement aux führers africains.

    Jacques Chirac est un homme passionné par les origines et l'évolution de l'humanité. Et comme nous le savons tous, l’Afrique en est le berceau. Selon Pierre Péan, Jacques Chirac est exalté par l'archéologie, la paléontologie et toutes les sciences qui s’intéressent aux origines de l'homme. Il s'est penché sur l'étude des australopithèques et se tient régulièrement informé des fouilles effectuées sur tous les continents. Jacques Chirac laissera à la postérité, le musée du quai Branly.

    Y va-t-il un lien entre la passion de Jacques Chirac pour les arts premiers et son amitié démesurée pour les dictateurs africains ? Quand Jacques Chirac pense que les Africains ne sont pas prêts pour la démocratie, se base-t-il sur sa perception des masques et autres objets d’arts exposés dans son flamboyant musée ? Chirac ne confond -il pas son goût pour les arts premiers africains avec la politique africaine de la France. Telles sont les questions que je me suis posées en lisant avec intérêt L''inconnu de l'Elysée’ de Pierre Péan.

    Loin de moi l’idée de répondre à ces questions à la place de Jacques Chirac. Mais il me semble que la passion de Jacques Chirac pour l'art africain l'enferme dans une contemplation des despotes noirs qu'il semble considérer comme des pièces de collection du musée Branly. Peut-être voit-il en eux l'incarnation des masques et sculptures qu'il admire ; le chaînon restant de peuplade qui ont arrêté leur évolution. Peut-être les protège-t-il à l'obsession en pensant protéger des objets d'arts du braconnage culturel dont est victime l'Afrique.

    Tous ceux qui jusque-là n’avaient pas compris pourquoi Jacques Chirac soutient si ardemment les dictateurs africains peuvent trouver la réponse dans son admiration des arts 'premiers' du continent noir. Il s'est paraît-il familiariser avec la culture des Dogons du Mali.

    En se fondant sur le dernier sommet France Afrique qui s'est tenu du 15 au 16 février 2007 à Cannes, on peut constater que Jacques Chirac n ' a toujours pas compris au soir de sa vie politique que les peuples africains ne sont pas des pièces de musées mais des humains qui aspirent au développement comme les autres peuples du monde; De même qu'il n' a pas compris que certains dirigeants africains ne sont pas des objets d' arts premiers à préserver mais de véritables despotes qui méritent plus que d'autres, d' être traduit devant les tribunaux internationaux pour génocide et crime contre l'humanité.


  • Pourquoi une partie des élites françaises ne respectent plus les Noirs ?« Est-ce qu'une malédiction divine pèserait sur le Noir, malédiction qui en ferait un subalterne éternel ? » (Gaston Kelman)

    On pensait que Jean-Marie Le Pen avait le monopole du racisme anti-noir en France. On pensait que les discours racistes étaient réservés à des gens comme Philippe de Villiers, Bruno Golnich ou Bruno Maigret. Et pourtant ces derniers temps, on assiste à une agression régulière des intellectuels et politiques français de tout bord contre les Noirs.

    Nicolas Sarkozy a été l'un des premiers à entrer en scène dans ce domaine. Ses propos sur le « Nettoyage au Karcher », la « Racaille » ou sur « la polygamie des Noirs » a ouvert la voie à un racisme d’élite qui était jusque-là policé.

    L'attitude des personnalités comme Alain Finkielkraut, Georges Frêche ou plus récemment de Pascal Sevran montre que la société française semble avoir un problème avec ses Noirs, plus qu'avec ses arabes, ses indiens ou ses chinois.

    Alors pourquoi tant d’agressivité et de rejet du nègre en France ?

    Il faut rechercher dans les stéréotypes sur les Noirs les raisons du racisme actuel des élites françaises. En réalité dans l'imaginaire occidental, le Noir n'est qu'un esclave, un colonisé, un moins que rien. Il est le chaînon manquant entre le singe et l’homme. Bref le Noir est un sous homme.

    Quand il vit en Afrique, il ne peut pas s'en sortir sans l’aide internationale. Quand il vit en banlieue, il ne peut s’en sortir sans allocations. Le Noir reste donc pour l’occidental un éternel enfant qui imagine le monde comme un « forum de l’amitié où il faudrait qu'on l’aide. »

    C’est partant de ces stéréotypes qu'Alain Finkielkraut s’en prend aux antillais en disant d’eux « qu'ils vivent aujourd’hui de l’assistance de la métropole. »

    Georges Frêche trouve inadmissible que des Noirs français soient meilleurs que des blancs dans le football alors que ce jeu a été inventé en occident. Sacrilège ! Quelle honte pour les blancs !

    Pascal Sevran utilise le stéréotype sur le supposé sexe hypertrophié des Noirs qui renvoie comme le dirait Gaston Kelman à l’atrophie d'un autre organe plus fondamental pour l'humain : le cerveau

    En réalité la survivance de ces stéréotypes et sa résurgence au sein de l’élite française est la conséquence de la traite négrière et de la colonisation mais aussi et surtout de l’Etat catastrophique de l’Afrique d’aujourd’hui. Quarante ans après les indépendances, connaissez-vous un pays d'Afrique Noir qui est sorti de la misère et de la pauvreté ?

    Dans quel état est la République d’Haïti, première République Noir ?

    Regardez les chefs d'états des pays africains. Ils sont toujours prompts à piller leurs pays au détriment de leurs concitoyens ; L'un deux a même construit un monument de 15 millions d’euros à la gloire de son colonisateur, renforçant le stéréotype qui est fait aux Noirs « d’une atrophie de leurs méninges. »

    Bref dans le monde occidental on ne respecte une race différente de la sienne que par la puissance des pays dont elle est originaire. Si l'élite française ne s’en prend pas aux yeux bridés des asiatiques, c’est parce que l’Asie est devenue un continent qui compte. Si elle ressemblait à l’Afrique, elle subirait le même dédain que les Noirs aujourd’hui.

    Pour que le Noir se fasse respecter, il faudra qu'il prenne ses responsabilités en unifiant ses efforts pour l’édification d'une nouvelle Afrique, riche prospère et solidaire.

    Tant que les leaders Noirs ne sortiront pas de leur mendicité actuelle en développant leur pays économiquement, la diaspora Noire en France sera sujette de la part des élites de ce pays, à des propos insultant sa dignité d’être humain.

    Kovalin TCHIBINDA

     
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