• Les crimes de Sassou Nguesso

    Marien Ngouabi, Yhombi-Opango et Sassou Nguesso sont des criminels associés. En mars 1970, sous la présidence de Marien Ngouabi, les lieutenant Kinganga et Capitaine Poignet fomentent un coup d’Etat qui échoue. Poignet s’enfuit par Kinshasa. Kinganga est attrapé vivant.

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    1)- Les premières fosses communes : 1970

    Marien Ngouabi, Yhombi-Opango et Sassou Nguesso sont des criminels associés. En mars 1970, sous la présidence de Marien Ngouabi, les lieutenant Kinganga et Capitaine Poignet fomentent un coup d’Etat qui échoue. Poignet s’enfuit par Kinshasa. Kinganga est attrapé vivant. Au lieu d’être condamné seul, Kinganga est, sous les ordres du trio, massacré avec quarante innocents : hommes, femmes et enfants qui se rendaient de bon matin au travail ou à l’école. Ceux-ci sont sauvagement abattus dans la cour intérieure de l’Immeuble de la Radio, et précipités dans une fosse commune au cimetière de la Tsiémé. Les quarante malheureux ont été fusillés parce qu’ils avaient commis le crime politique à l’ethnie du fauteur du coup d’Etat, le lieutenant Kinganga. C’est un véritable génocide et un pogrome signés par Sassou Nguesso, Yhombi-Opango et Marien Ngouabi.

    2)- Deuxième fosse commune : 24 avril 1973

    En mars 1972, Sassou Nguesso et ses deux acolytes signent un autre crime politique. Ange Diawara, un autre militaire, tente un autre coup d’Etat contre cette même dictature. Echec et fuite des coupables. Arrêtés par les autorités zaïroises de l’époque, et livrés aux autorités congolaises, les coupables sont immédiatement fusillés, au lieu d’être simplement jugés et emprisonnés comme détenus politiques d’autant plus que le coup d’Etat n’avait même pas eu un commencement d’exécution. Une autre fosse commune s’ouvre.

    3)- La semaine sanglante dite “semaine rouge” de mars 1977

    Sassou Nguesso et Yhombi-Opango assassinent Marien Ngouabi parce qu’il est resté trop longtemps au Pouvoir. Ils détournent les soupçons sur des innocents qu’ils éliminent physiquement. Alors une semaine sanglante s’organise au cours de laquelle sont opérées de nombreuses exécutions sommaires, les malheureux étant enterrés comme des chiens : des militaires, des civils, souvent torturés avant d’être abattus ou enterrés vivants. Ce fut le cas de l’ex-Président Massamba-Debat, dont les yeux auraient été crevés par un grand militaire aujourd’hui et plusieurs fois ministre, depuis son acte ignoble. Ajoutons que Massamba-Debat aurait été dépécé et jeté en pature aux lions du parc zoologique. En tout cas, sa tombe n’a jamais été indiquée par les assassins, en dépit des promesses de Yhombi-opango. On donnera à titre indicatif les noms d’autres victimes de ce carnage : le Cardinal Emile Biayenda, les lieutenants Kimbouala-Nkaya, Mboro, Ontsou, de nombreux jeunes soldats âgés d’à peine 21 ans, de nombreux éléments du fameux commando créé pour la circonstance et qui eurent l’étiquette d’exécutants de l’assassinat. Ce fut un ignoble crime politique. Sassou Nguesso est ministre de la Défense, et dirigea provisoirement l’Etat, du 18 mars au 3 avril 1977.

    4)- Le pogrome de février 1978

    Sassou Nguesso demeurent seul avec Yhombi-Opango, après la mort de Marien Ngouabi. Mais les exécutions publiques continuent. Ainsi, après l’exécution de Massamba-Debat, sont arrêtés onze jeunes jeunes gens dont dix sont candamnés à mort et immédiatement exécutés pour des raisons religieuses et appartenance à l’ethnie Lari ou Bakongo. On les accusait d’avoir organisé des cérémonies religieuses pour que Massamba-Debat assassine sans peine le président Marien Ngouabi. Sassou Nguesso, maître des opérations, fit torturer les malheureux dont certains ont été passés vivants sous un engin militaire blindé qui les a laminés, broyés comme une pâte à modeler. Ainsi Sassou Nguesso est l’un des auteurs de génocide les mieux typés parmi les hommes puissants du Congo.

    5)- Le premier génocide d’Owando : 1988

    En 1988, un capitaine répondant au nom de Pierre Anga se rebelle contre la tyrannie de Sassou Nguesso, et se réfugie dans la forêt d’Ikonongo, District d’Owando. Sassou Nguesso envoie des militaires à qui il ordonne de ne rien épargner pour le retrouver. Ainsi des villages entiers furent incendiés et des dizaines d’habitants de la même ethnie décimés. Pierre Anga mourra au cours de cette purge ethno-tribale. Cette destruction méthodique d’une ethnie, cette extermination d’un groupe important en peu de temps répond à la définition du mot génocide (1).

    6)- Le deuxième génocide d’Owando : 1997

    Lorsque Sassou Nguesso entreprend le coup d’Etat contre Pascal Lissouba, il part d’Owando où éclate une bagarre entre lui et Yhombi-Opango associé à Jacques Okoko. La bagarre fait douze morts. Pour soumettre la région, après la fuite de ses ennemis, Sassou Nguesso détruit, en les brûlant, les villages les plus récalcitrants et passe tous les habitants par le fil de l’épée, pour non appartenance à son parti, le PCT. Nous en citerons quelques-uns pour mémoire :

    OWANDO : Selon le témoignage du Sous-Préfet du moment, Owando, principalement le quartier “Mozart”, est pilonné au mortier. il y a des destructions massives (ONPT, Hôpital, maisons privées). Destruction de nombreuses vies humaines, dont un grand nombre de Ouest-africains, par les milices et mercenaires de Sassou Nguesso (Angolais, Cobras, Tchadiens, ex-Forces zaïroises, mercenaires rwandais).

    OBEA : Village incendié à 1 heure du matin, et tous ses habitants, au nombre de trente-deux (32) personnes : massacrés par les milices et mercenaires de Sassou Nguesso.

    OTENDE : Village incendié. Tous les habitants (38 personnes) massacrés par les milices et mercenaires de Sassou Nguesso.

    OSAKE : Village incendié. Trois personnes tuées, les autres ayant eu le temps de fuir dans la brousse, par les milices et mercenaires de Sassou Nguesso.

    IRANGA : Village incendié. Tous les villageois massacrés par les milices et mercenaires de Sassou Nguesso.

    La majorité des victimes ont été brûlées vivantes, de véritables torches humaines.

    7)- Destruction de Brazzaville : juin-octobre 1997

    - Oeuvre diabolique partagée avec Pascal Lissouba

    - Moyens utlisés : mortier, BRDM, BTR, BM21, Chars, Migs, etc...

    - Résultat : plus des deux tiers de l’habitat détruits (à reconstruire)

    - Pertes humaines : plus de trente mille (30 000) personnes tuées.

    8)- Crimes de guerre : violation des règles internationales

    a)- Massacre des prisonniers de guerre, précédés de tortures. Plusieurs cas :

    *- Cas de Herbert Massamba, torturé et brûlé vivant publiquement par les Cobras de Sassou Nguesso.

    *- Prisonniers parmi les officiers : personne n’est revenu vivant au bercail.

    b)- Refus catégorique marqué par Sassou Nguesso :

    *- à la Croix Rouge d’aller dans le secteur contrôlé par lui pour y ramasser les blessés et les cadavres,

    *- aux Médecins Sans Frontières d’aller dans les zones de Sassou pour y soigner les blessés.

    Résultats : Tant de corps décomposés et putréfiés sur place pendant cinq mois ont exposé les survivants aux risques que l’on sait.

    9)- Poursuite d’épuration ethno-tribale physique après la fin de la guerre

    - Après la fin de la guerre annoncée par lui-même, Sassou Nguesso ordonne dix jours d’épuration ethno-tribale, physique, et de pillages systématiques des opposants (hommes politiques et combattants et leurs familles) faisant plusieurs dizaines de morts parmi les innocents.

    - Il a également ordonné la poursuite des cadres politiques des parties adverses jusque dans l’arrière-pays (Pool, Bouenza, Lekoumou, Niari, Kouilou), et sur des bases ethniques et tribales.

    10)- Crime de haute trahison

    - Sassou Nguesso a livré le Congo aux Puissances étrangères qui l’ont envahi : l’Angola, le Tchad, le Gabon, notamment. Ce qui a causé la mort de plus de trente mille (30 000) Congolais.

    -Sassou Nguesso a trahi son pays en abrogeant la CONSTITUTION (qu’il a lui-même promulguée); toutes les Institutions de la Républiques : la Cour Suprême, le Conseil Supérieur de la Magistrature, le Conseil Constitutionnel, le Conseil Supérieur de l’Information et de la Communication, le Conseil Economique et social, pour remplacer le système d’élection par la procédure de nomination aux fins de bien asseoir sa dictature bien renforcée.

    En conclusion, Nous, citoyens Congolais, continuerons à revendiquer haut et fort la restauration du processus démocratique engagé en 1991, à l’issue de la Conférence Nationale Souveraine, aujourd’hui foulé aux pieds par M. Sassou Nguesso et ses souteneurs. Nous ne prendrons pas les armes comme lui pour ce faire. Car, nous sommes convaincus que quelque part, au sein de la Communauté internationale, il y aura certainement quelques oreilles attentives qui nous prèteront leurs concours et aide dans ce combat pour la paix et la démocratie dans notre pays.

    C’est vrai, le mensonge, lui, pour être têtu, prend l’ascensseur et arrive très vite à destination, tandis que la vérité, elle, prend l’escalier. Mais lorsqu’elle (la vérité) arrive à son but, plus rien ne peut ni la stopper, ni la détrôner. Elle triomphe définitivement.

    Pointe-Noire, le 25 février 1998

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    M. KIESSA-MESSO

    Source:

    http://membres.multimania.fr/jecmaus/Pogrom2.html