• La tragédie du Sud

    La tragédie du SudDepuis  la prise de pouvoir par voie militaire de nos compatriotes du Nord et de  leurs supplétifs angolais, tchadiens et rwandais, les populations du Sud  vivent  une véritable souffrance que nous avons le devoir de conjurer pour préparer l'avenir.

    « Si je meurs à 11H00, à 15H00, vous n'existerez plus. Les Bakongos vont vous exterminer » (Denis Sassou Nguesso à Ouenzé en 2001) »

     « Je dirigerais ce pays, même s'il ne reste que deux habitants »(Denis Sassou Nguesso )

     

    Depuis  la prise de pouvoir par voie militaire de nos compatriotes du Nord et de  leurs supplétifs angolais, tchadiens et rwandais, les populations du Sud  vivent  une véritable souffrance que nous avons le devoir de conjurer pour préparer l'avenir.

    Les populations du Sud sont devenues l’objet de mépris et de méfiance de la part de leurs compatriotes du Nord dans un pays qui pourtant est aussi le leur. Leurs leaders meurent de manière suspecte; Leurs enfants n'ont plus d'écoles où fréquenter; leurs clubs de football (exemple: Diables-noirs) et leurs associations (exemple: association des sapeurs congolais) sont dirigés par des membres du clan au pouvoir.

    Les hommes en âge de travailler n'ont pas un cadre optimal d’éclosion de leur talent. Les populations du Sud peuvent être humiliées, persécutées et même assassinées par des personnes liées au clan au pouvoir  sans que justice soit faite. Les grands projets économiques sont désormais dans la partie Nord du Congo.

    Les postes clés sont entre les mains des membres d’un clan essentiellement issu  du Nord. Le Trésor public s'est transformé en rivière Alima où l'on pêche les liasses de pétro-cfa.  Sur les cinq ministres d'État que compte le gouvernement congolais, un seul est du Sud. Le pétrole et l'économie sont gérés par des cadres du  Nord.

    Le haut commandement militaire est entre les mains du Nord. Les arrestations, les empoisonnements,  emprisonnements et l'exil concernent  en majorité  des personnes issues des régions du Sud.

    70% des congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté  parmi lesquels 90% des ressortissants du Sud.

    Le clan nordiste au pouvoir est surreprésenté dans tous les secteurs. Cela bafoue l’équité républicaine et devient  inacceptable !

    Le saupoudrage gouvernemental ne vise qu'une chose: Faire croire qu'il y a des hommes du Sud au sein de l’exécutif en place alors que le pouvoir est purement clanique. En réalité on les nomme à des postes  sans importances  où ils n'auront jamais les coudées franches.

    L'appauvrissement des Bakongos (1) est devenu leur leitmotiv! Souvenez-vous de l'affaire Humberto Brada. Après le pillage des quartiers Sud de Brazzaville par la milice de Sassou, le gouvernement constate que la diaspora congolaise en Europe originaire du Sud soutient financièrement les survivants. Les  sommes arrivants au Congo avoisinent les 70 milliards de FCFA par an.  Le gouvernement  invente une banque pour ruiner les ressortissants du Sud.  On attire leur épargne moyennant  une rémunération conséquente équivalente au  double de leur mise. Ubuesque !

    Dans cette escroquerie, les premiers épargnants  bénéficient du versement de leur prime. Ces derniers courent dans la cité avertir leurs frères de l'existence d'une banque qui peut les faire  gagner gros! Et puis patatras!  C’est la banqueroute. Tous ceux qui ont placé leur argent sont ruinés. Madoff au Congo serait encore libre.

    Pour appauvrir les commerçants ressortissants du Sud, on les met en concurrence avec  les Chinois qui savent désormais préparer et nous vendre  notre manioc et nos beignets et en plus veulent s’approprier nos terres pour y faire de la production agricole destinée à leur marché et leurs populations. Tout cela sous le regard jubilatoire de nos pseudos dirigeants, et  sous couvert de transactions financières douteuses et peu transparentes.

    Pauvre sudiste, son honnêteté le rend de plus en plus naïf au point d'avoir une confiance totalement aveugle. On lui dit eh! Sudiste, tu as fui à Kinshasa, revient vite on ne te fera rien". Et il y croit. Résultat 353 disparus au Beach.

    Le clan du Nord au pouvoir est en train de vivre son âge d'or, son Sodome et Gomorrhe. La richesse, l'éducation de ses enfants, le pouvoir lui appartient et vous n'avez qu'à bien vous tenir pauvres sudistes si vous voulez avoir les miettes, les os 

    Le pétrole extrait des régions du Sud est à nous. Nous ne vous construirons pas votre barrage de Sounda. Nous préférons construire des barrages au Nord, le prochain sera  dans la Sangha. Si vous gémissez, vous repartirez dans les forets. Souvenez-vous ce n’était pas si drôle que ça. Alors taisez-vous et laissez nous manger! Vive le  « nzela ya mokusé. (2)»Après tout, nous faisons des enfants à vos filles. Ne venez surtout pas nous dire que nous sommes tribalistes. Ou est ce que vous situez les enfants nés d'un nordiste et d'un sudiste? C'est vous les tribalistes! 

    Ils disent qu'il  ne faut pas confondre le clan Sassou aux nordistes. C’est vrai, il ne faut pas faire d’amalgame !

    Pourtant très rares sont ceux qui surtout,  lorsqu’ils occupent de hautes fonctions dénoncent les crimes contre les populations du Sud. Aucun d'entre eux (politicien ou intellectuel)  n'a jamais manifesté son chagrin ou sa compassion sur  les victimes des massacres commis, ni son refus du « Nzela ya mokusé (2)» de l'enrichissement.

    Le meilleur d'entre eux, un certain Théophile Obenga s'est mué en "Sassouphile  Obenga"

    Ceux,  ressortissants du Nord qui se taisent face aux dérives du clan au pouvoir s’en rendent implicitement complices  ou se sentent en accord avec ce qui se fait !

    Leur phraséologie  fétiche est « la nation est une et indivisible. » Mais qui la divise cette nation? N'est ce pas ceux qui  méprisent leurs frères du Sud  en  bafouant les principes d'un État moderne?

    Il faut que cela cesse ! car l’unité d’une nation, du Nord au Sud, et d’Est en Ouest, se construit en rejetant l’injustice et en pratiquant l’équité dans tous les domaines et à tous les niveaux de la société.

    Nos frères du Nord ne doivent plus se contenter d’applaudir ou se taire face aux pratiques du clan, ils doivent maintenant dénoncer et agir vis à vis de ce qui ne va pas ! En agissant ainsi ils se montreront solidaire de leurs frères du Sud et participeront dès à présent à la construction de la nouvelle nation congolaise.

    Les ressortissants du Sud  doivent s'interroger sur leur tragédie. Peut-être s'imaginent-ils être maudits. En réalité leur malheur découle de leur manque d'unité. Les sudistes sont les adeptes de la division. Ils sont spécialisés dans les polémiques stériles à l'image de leur ancien colonisateur dont ils sont devenus des faux clones.

    Ils se prennent pour des « européens » et adorent l'éloquence à la "Malraux"». Ils n'aiment pas le secret et n'ont pas encore compris que le manque d'unité et de pragmatisme politique  est également responsable de  la décadence, et de la déchéance de notre pays.

    Ils continuent de croire en l'existence d'un État qui les a massacrés depuis cinquante ans. Certains intellectuels du Sud  osent même nier l'existence du tribalisme. Ils sont victimes du syndrome de Stockholm! C'est navrant de naïveté, d’hypocrisie et de  bêtise.

    Les populations de Kinkala et Boko  se prennent la tête. Les Niboleks et les Laris s'entretuent. Et qui récupère la mise de  ces divisions? Nos frères du  Nord bien sûrs dont le cynisme et le machiavélisme  sont inégalables.

    Nos frères du Nord se haïssent-ils en dépit de leurs dissensions ? Non! La conservation du pouvoir au Nord est le principe suprême de leur physiologie politique.

    Alors! Il est  temps de liquider les contentieux qui divisent le Sud (contentieux Kinkala-Boko, et contentieux Nibolek-Pool). Pardonnons-nous pour les exactions commises par nous-mêmes et prenons l'engagement devant nos ancêtres de ne plus jamais recommencer car l'avenir du  peuple « Kongo » en dépend.

    Nos ainés se sont trompés. Notre génération doit retrouver la voie de la concorde nationale, et du travail acharné pour le développement. Elle doit œuvrer pour  la cohésion du Sud pour recréer l’équilibre et l’unité véritable dans notre pays, qu’un clan a spolié. 

    C'est du rapport de force fraternelle du bloc Nord et Sud  que naîtront les prémices d'une nation ou    la création de deux nations. Voire !

    Nous ne devons pas avoir peur de la dialectique de la vie. Aujourd'hui les Tchèques et les Slovaques vivent en harmonie, les Serbes et les Croates sont en train de se réconcilier.

    A nous de choisir ce qui nous convient le mieux: Vivre avec nos frères du Nord dans la confraternité ou nous séparer à l'amiable.

    Pour ma part, je crois qu'il est encore possible, avant qu'il ne soit trop tard de construire une nation congolaise une et indivisible incluant les Ngalas et les kongos. Mon choix est bien celui là car, c’est cette option qui est plus à même de sortir l'actuel Congo-Brazzaville  de l’impasse économique et sociale dans laquelle un clan veut l’enfermer.

    Un jour,  il faudra se déterminer, Et vous!  Quelle option choisirez-vous?

     

    Kovalin Tchibinda

    Blog: http://kovalin.kazeo.com

     

    Notes

    1. Bakongos: Appellation utilisée par les nordistes pour désigner les sudistes
    2. Nzela ya mokusé: chemin le plus court ou rapide pour s'enrichir
     
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