• La désespérance du peuple congolais.

    Le peuple congolais vit sur une terre opulente qui renferme du Pétrole, du bois, des métaux précieux, et des minerais rares. Malheureusement en raison de l’incompétence de son élite, la misère lui colle à la peau.

    La désespérance du peuple congolais.Le peuple congolais vit sur une terre opulente qui renferme du Pétrole, du bois, des métaux précieux, et des minerais rares. Malheureusement en raison de l’incompétence de son élite, la misère lui colle à la peau.

    Pays riche en théorie, il est classé selon le PNUD grâce à son indice IDH (Indicateur de développement humain) 144e pays dans le monde sur 177 ; juste après le Togo.

    Ses routes sont impraticables, ses hôpitaux des mouroirs, ses écoles sont d’une qualité médiocre, l’eau et l’électricité sont devenues des denrées rares. La corruption a atteint des niveaux inégalés. L’état est inexistant.

    Cependant le peuple congolais à travers sa société civile semble frapper d’une myopie qui le rend passif face à la gestion du régime actuelle. Il faut dire qu’il a payé un lourd tribut lors des guerres de 1993 et 1997. On peut comprendre sa passivité actuelle face à la gestion du régime Sassou. Il n y a aucune lutte, aucune grève pour dénoncer le pouvoir en place. Chacun vaque à ses occupations comme s’il n’y avait rien à faire. Les putschistes se pavanent dans les principales villes du pays, narguant le peuple et il n’y a personne pour les inquiéter.

    Les Congolais se sont réfugiés dans la prière et dans les buvettes. Les églises de réveil ont quadrillé les principales villes du pays et endorment le peuple en attendant l’arrivée d’un sauveur hypothétique avec des discours qui tirent leurs sources de l’épitre de saint Paul aux Romains : « Que chacun se soumette aux autorités à charge ! Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu et celles qui existent sont constitués par Dieu… »

                                                                   La poubelle de Brazzaville

    Les buvettes, malgré la misère et la pauvreté sont toujours pleines à craquer. Elles sont le lieu pour exhiber quelques pas de "Ndombolo" et surtout s’enivrer de bière ; boisson la plus accessible aux congolais. Que Sassou doit être heureux depuis sa tour pétrolière de voir ce peuple dans cet état, dansant sur des rythmes qui encensent des hommes sans éthiques et sans honneurs ! Avez-vous écouté Extra Musica premier groupe musical congolais? Il fait l’apologie de personnages douteux et corrompus. Et vous avez des congolais qui dansent sur ces rythmes qui frisent le ridicule. Regardez-les danser des rumbas où l’on parle de Nguli, d’Otsombé, de Bouya, de NDengué de Dabira l’élite du peuple congolais.

    Ils ont tellement bien travaillé pour leurs concitoyens qu’ils méritent d’être adulés par des musiciens.

    Ce qui m’écœure le plus, ce sont les valeurs que transmet ce régime aux enfants. Ces derniers doivent s’imaginer que l’ascension sociale au Congo ne peut se faire que via la criminalité économique. Le système des valeurs en cours au Congo conduira à une amplification dans les prochaines années de la délinquance financière, de la prostitution. Bref de la décadence morale, la vertu n’étant plus une qualité dans ce pays mais un vice.

    Il est vrai que Sassou Nguesso avait prononcé dans les années 80 une phrase devenue célèbre au Congo : « Le ridicule ne tue pas ». Vingt ans plus tard, il a réussi son pari en introduisant dans la conscience des futures générations, qu’il est convenable et préférable de voler, de tuer, plutôt que de travailler et d’être honnête.

     

     

     

    En plus ça rapporte gros en terme d’image, puisqu’on peut être célèbre grâce à des musiciens incompétents et irresponsables qui perpétuent ce mal au lieu de le dénoncer.

    Les Congolais semblent toujours prompts à faire la fête. Il faut dire que les occasions ne manquent pas. Outre les anniversaires et les mariages, le taux de mortalité élevé favorise les cérémonies de retrait de deuil. Dites-leur qu’il y’ a la bringue quelque part, ils se battront pour avoir le meilleur costume, la meilleure chaussure et iront faire la fête. Mais dites-leur daller braver le pouvoir en place, alors là tout le monde se défile.

    Récemment deux activistes des droits de l’homme qui militent pour une meilleure transparence dans la gestion des revenus pétroliers ont été arrêtés pour des raisons fallacieuses. Combien de congolais dans la rue pour dénoncer le complot ? La manifestation de soutien contre l’arrestation de Christian Mounzeo et Brice Makosso organisé à Paris par des congolais n’a compté qu’une dizaine de personnes. Mounzéo et Makosso auraient été exécutés, personne n’aurait bronché. Heureusement pour eux les organisations internationales étaient là pour les sauver. J’imagine que les Congolais qui souhaitent s’engager pour leur pays doivent se dire, à quoi bon se donner de la peine pour un peuple aussi passif et inactif ?                                                                                                 

    Et pourtant quand vous écoutez les Congolais, ils sont très politisés. Toujours la sagaie à la bouche pour attaquer un adversaire. Mais tout cela ne semble être que du vent. ‘Beau parleur’, appréciant   ‘Paraître ‘ plutôt qu’’agir’, le Congolais est le prototype de la réussite de la colonisation française en Afrique. Il se glorifie même de parler un français limpide et sans accent démontrant la profondeur de son aliénation mentale. Une certaine ethnie au Congo se fait même passer pour des ‘blancs’ comme si c’était le summum de la condition humaine.  Les Congolais ont perdu leur patriotisme, le sens du combat commun pour un mieux-être. Ils ont fait le choix de baisser leurs yeux pour échapper à la mort. Ce qui est tout à fait rationnel. Mais alors !  Qu’il ne se plaigne pas de leur misère !

    Je peux comprendre sa résignation. Je sais !  Les cobras sont aux aguets partout pour traquer toute velléité de résistance.

    Rousseau en son temps affirmait d’ailleurs que « le silence seul des citoyens suffit à rejeter un gouvernement non reconnu » il ajoutait en plus « qu’il est du devoir des peuples de se soumettre s’ils y sont contraints par une féroce répression. »

    D’autres penseurs comme Max Weber sociologue allemand ont apporté un bémol à la thèse de Rousseau en affirmant, qu’il est toujours possible de résister à un gouvernement pourvu que l’on prenne le parti d’accepter la mort plutôt que de céder. Pour Weber, « l’état ne peut exister qu’à la condition que des hommes dominés se soumettent à l’autorité revendiquée par les dominateurs ». On ne peut donc pas revendiquer son droit à un gouvernement meilleur, si on a pas résisté jusqu’à la mort à celui qu’on tient pour mauvais.

    Je me sens plus proche de la thèse de Max Weber que celle de Rousseau.

    Loin de moi l’idée de donner des leçons à quiconque. Je vois déjà les adeptes des vociférations inutiles m’attaquer et s’insurger. Mais la réalité est là. Les Congolais sont incapables de mettre hors d’état de nuire un régime qui ne lui procure même pas le minimum vital. Par son silence, son manque de mobilisation, sa passivité il est co-responsable de sa misère. Et il n’a qu’à s’en prendre qu’à lui-même.

     

     

     

    Certains analystes et puristes me diront que je ne tiens pas assez compte dans mon analyse de l’aspect extérieur notamment des liens entre la France et Sassou Nguesso. Mais cette France, Avons-nous tenté de la convaincre que ses intérêts seraient mieux garantis si la démocratie et le développement s’amorçaient au Congo ?

    Voilà donc un peuple qui habite sur une terre riche et généreuse, qui à 80% vit avec moins de 3 dollars par jours, qui souffre et trime mais qui danse sur des rythmes encensant ses bourreaux, qui consomme tous les jours de la bière fabriquée par des entreprises dont ses persécuteurs sont les actionnaires, qui laisse ses oppresseurs s’exhiber devant eux avec son propre argent.

    Voilà donc un peuple qui au lieu de lever la tête, la baisse continuellement dans les églises de réveil pour ne plus jamais la relever en sortant de ces lieux de cultes, perpétuant indéfiniment une dictature indigne.

    Voilà donc un peuple qui ira bientôt se prosterner devant Sassou Nguesso à Dolisie alors qu’il faut boycotter cette fête d’indépendance pour dénoncer sa gestion clanique du pouvoir.

    Voilà donc un peuple qui doit prendre son destin en main pour démentir l’assertion simpliste que « Tout peuple mérite ses dirigeants ».

    Le peuple congolais doit savoir ce qu’il veut. S’il veut la démocratie, la liberté, un avenir meilleur pour ses enfants, alors seule la résistance face à la dictature me paraît indispensable.

    S’il veut maintenir Sassou Nguesso et sa famille au pouvoir, alors qu’il continue à se vautrer dans les buvettes et les églises et surtout qu’il ne se plaigne pas de son sort car personne à part lui-même ne l’en sortira.

    Kovalin TCHIBINDA