• Décès d'Edith Bongo : la gêne de l'opposition congolaise.

    Décès d’Edith Bongo : la gêne de l’opposition congolaise.Oh que la disparition d’un être cher est triste à regarder. Voir Sassou Nguesso pleurer sa fille est très émouvant. En ces moment-là, on se rend compte de la vanité de la vie. On a beau avoir les comptes bancaires les plus garnis du monde, ou la puissance la plus redoutable ou redoutée, on n’est rien devant la mort. C’est cette leçon que les images d’un Sassou pleurant sa fille chérie nous ont renvoyé. Nous voilà donc à l’heure de la compassion et de la pitié. Les opposants se sont tus comme pour observer le deuil. Sassou le diable à déboulonner est redevenu un homme fait de chair et de sang. Qui l’aurait cru ?

    En cette période de deuil, faut-il attaquer le chef de l’état congolais? Continuer à lui demander une commission électorale indépendante? Je vois déjà certains opposants demander un report de l’élection présidentielle non pas parce que celle-ci est truquée d’avance mais plutôt pour laisser au chef de l’état le temps de digérer sa peine. On ne va quand même pas organiser des élections en juillet alors que le président est endeuillé. N’est-ce pas trop tôt ?  Eh oui l’opposition demandera sûrement une prolongation à titre exceptionnel du mandat présidentiel jusqu’à ce que le président finisse son deuil comme si la vie de nation devrait s’arrêter ! Elle en profitera pour demander un gouvernement de large union nationale que Sassou n’hésitera pas à lui donner.

    Que voulez-vous nous sommes des noirs, je voulais dire des nègres. Senghor n’a-t-il pas dit que l’émotion est nègre. Eh oui en voici la preuve, nous sommes dans l’émotion, prêt à mettre de côté les principes d’une constitution pourtant taillée sur mesure. On va privilégier une solution à l’africaine pour que tous nos vieux politicards trouvent leur compte, le temps de renflouer les poches qui se sont vidées. Ainsi est fait le Congolais (Congo zoba dixit nos frères étrangers).

    Le malheur du noir et de l’Afrique vient sûrement de cette émotivité qui nous éloigne de la rationalité.

    Nous devons nous extirper de cette émotion suscitée par le décès tragique d’Edith Bongo et revenir à la raison en continuant le combat pour l’instauration d’un véritable état de droit seul gage de la construction d’un Congo prospère. Telle doit être le combat de la véritable opposition congolaise.

    Kovalin TCHIBINDA