• CONGO-BRAZZAVILLE :UNE AUTRE FORME D'EXTERMINATION D'UN PEUPLE

    La guerre, en règle générale, se fait avec des armes de toutes sortes, à chaque fois qu'elle est déclenchée. Dans toutes ces guerres, plusieurs subterfuges sont utilisés. Ils vont de la faim, de la privation d'eau (sources empoisonnées) à l'abattage des arbres fruitiers, etc. Mais ils vont aussi de l'intox à la désinformation,

    Dans tous pays, lorsqu'un régime veut détruire, exterminer tout ou partie d'une population, d'un peuple, ce n'est forcément pas toujours par les armes de guerre que cela se fait.

     

    La guerre, en règle générale, se fait avec des armes de toutes sortes, à chaque fois qu'elle est déclenchée. Dans toutes ces guerres, plusieurs subterfuges sont utilisés. Ils vont de la faim, de la privation d'eau (sources empoisonnées) à l'abattage des arbres fruitiers, etc. Mais ils vont aussi de l'intox à la désinformation, de la manipulation psychologique au conditionnement psychique, jusqu'à la profanation des tombes aussi (acte d'humiliation de l'adversaire que l'on veut anéantir). Voire ! Cela est très bien connu des spécialistes et autres experts avisés.

     

    Au-delà de ces guerres, surtout celles qui visent à détruire, exterminer tout ou partie d'une tribu, d'une ethnie ou d'un peuple, il y a d'autres éléments qui passent inaperçus et dont, très souvent, on ne parle jamais.

     

    Dans le cas du Congo-Brazzaville - ce n'est un secret pour personne aujourd'hui -, la guerre qui ravage la région du Pool, où les populations sont exterminées sans que personne ne bouge, ne dit mot au niveau de la communauté internationale (ONU - UE - UA), renferme un autre aspect plus pernicieux, plus destructeur et ravageur. Cet aspect, c'est celui qui, indolore et incolore, prive les populations vouées à l'extermination d'accéder au savoir, à la culture, à l'éducation. Des armes qui ne coûtent rien et pour lesquelles on ne dépense absolument rien. Aucun centime.

     

    Le Congo-Brazzaville est plongé dans la guerre, des guerres successives et interminables depuis 1993. Depuis cette année-là, les enfants des zones sud de Brazzaville, et à partir de 1998, ceux de toute la région du Pool n'ont plus jamais eu droit à la culture, à l'éducation. En un mot au SAVOIR, à la CONNAISSANCE. Les opérations "Colombes 1 et 2, Mouebara, Hadès, et surtout l'OPERATION HERODE (de sinistre souvenir) qui se perpétuent et perdurent encore aujourd'hui, n'ont pas seulement pour objectif celui de détruire physiquement les humains, mais aussi et surtout celui de priver les enfants survivants, rescapés de la mort programmée d'accéder au SAVOIR, à la CONNAISSANCE.

     

    Les écoles maternelles et primaires, les collèges et lycées n'ont plus ouvert leurs portes depuis 1997 dans cette région. Plus la guerre persiste et se prolonge, plus elle accentue cette privation. Tel est l'autre but que s'est fixé le régime de Brazzaville. C'est là une autre forme de guerre, une autre forme de destruction de tout un peuple. Que peut-on faire avec le résidu d'un peuple réduit à néant et de surcroît analphabète ? Il est vrai que Sassou Nguesso n'exterminera pas tous les descendants du peuple Kongo de la région du Pool jusqu'au dernier. Mais combien seront-ils, ou combien de rescapés, de survivants compterons-nous demain ? Combien d'enfants survivront encore et, parmi eux, combien sauront lire et écrire ? Combien de générations faudra-t-il encore pour que cette région martyre retrouve le niveau adéquat sur le plan de la culture, de l'éducation, surtout du SAVOIR, de la CONNAISSANCE, tout court ? Nous faisons abstraction des soins médicaux, une autre arme d'extermination et de destruction massives.

     

    Tout cela, uniquement, parce qu'à une certaine période, nos compatriotes du Nord, tenants du pouvoir actuel, disaient que le Sud-Congo en général, et la région du Pool en particulier, avaient trop de cadres, trop d'intellectuels, trop d'élites. Alors, un jour ils ont décidé de les exterminer et tout faire pour les priver d'accéder au SAVOIR, à la CONNAISSANCE. D'où l'opération dite "HERODE".

     

    Ce crime-là passe inaperçu et personne ne s'en rend compte. Pas de soins médicaux, pas d'hommes, de femmes et d'enfants valides. Pas d'écoles, pas d'élites, pas de cadres, pas d'intellectuels.

     

    A défaut de les exterminer tous par les armes à feu, Sassou Nguesso a juré de réduire en esclavage tout le reste des rescapés et survivants des populations de la région du Pool. C'est ici que nous en appelons à la conscience de toutes les organisations humanitaires, de défense des Droits de l'Homme et de Protection de l'Enfance, et les invitons à se saisir de ce dossier aussi douloureux que celui de la guerre proprement dite, en cours dans la République du Congo (Région du Pool) et qui ne finit pas.

     

    "La France n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts" (Général de Gaulle). Pour cela, faut-il se livrer à des crimes contre l'humanité par l'intermédiaire des "Affranchis locaux" comme Sassou Nguesso ? Et comme ce pays (la France) jouit de tous les veto, alors on peut tout étouffer (Cf. : "Le génocide du Rwanda" longtemps écrasé, et aujourd'hui "le crime contre l'humanité au Congo-Brazzaville" via Sassou Nguesso, l'aveu de Luanda, le 30 juin 1998, faisant foi).

     

    Ce désastre humain, nous le devons surtout à un homme. Cet homme, c'est M. Jacques Chirac, président de la République Française.

     

    Paris, le 30 juin 2004

    Jean-Claude Mayima-Mbemba

    Secrétaire Général de AHVI

    E-mail : ahvi@africa-humanvoice.org

    Web : http://www.africa-humanvoice.org

    Avec la collaboration de l'Association des Familles des Victimes du Génocide Congolais