• Congo-Brazzaville : Le chemin de croix des sudistes.

    Non ! Vous n’allez pas me croire, j’ai un cousin qui s’appelait TCHIBINDA qui vient de changer de nom pour se nommer "Obinda". 

    Congo-Brazzaville : Le chemin de croix des sudistes.Non ! Vous n’allez pas me croire, j’ai un cousin qui s’appelait TCHIBINDA qui vient de changer de nom pour se nommer "Obinda". J’ai vu son passeport congolais et je n’y ai pas cru. Et pourtant c’est vrai. Au Congo, il vaut mieux désormais avoir des noms à consonances nordistes. Mon cousin m’expliquait qu’en cas de guerre, ça peut sauver et surtout ça permet de trouver plus facilement un job et de bénéficier de certains privilèges. Je lui ai demandé s’il était le seul dans cette situation. Il parait que le phénomène s’amplifie. Beaucoup de sudistes sont en train de « nordiser » leurs noms. D’autres   approfondissent leur connaissance du Mbochi dialecte du président congolais.

    Il parait que lorsque vous avez un problème en justice contre quelqu’un du nord, le combat est perdu d’avance. Les juges donnent systématiquement raisons aux personnes ayant des noms commençant par des voyelles.

    Mon cousin m’expliquait qu’un homme du Sud avait perdu en justice la paternité de ses enfants naturels. Lhomme du nord lui avait pris ses enfants, juste pour l’emmerder. Sans compter les histoires de femmes arrachées de force à leurs époux du Sud.

    Dans les administrations congolaises, le « lingala « est devenu de rigueur. Pas de promotion possible si tu ne sais pas baragouiner un peu de « Ndengue nini ». Même radio Dolisie s’y est mis. Les émissions en « Munukutuba » sont devenues rares.

    L’autre jour j’ai rencontré une de mes connaissances du collège à Roissy Charles de Gaulle. Ce dernier était dans un état calamiteux. Un véritable chétif. En le voyant j’ai tout de suite pensé au virus que vous connaissez. Mais non ! Il n’avait pas le SIDA, il venait de se faire prendre une parcelle qu’il avait acheté 5 millions de Francs CFA. Le monsieur « Nordiste » lui avait dit « Je vais te montrer que c’est nous qui avons le pouvoir ».

    Des histoires de ce type, j’en entends tous les jours. Il parait même que le régime de Brazzaville ne construit plus délibérément des écoles dans les villes du Sud, histoire de priver les enfants du Sud d’une formation de qualité. Mon ami malade de Roissy me disait aussi que l’université Marien Ngouabi était désormais négligée parce que la proportion des étudiants sudistes y était élevée. Les bacheliers nordistes ont 90% de chance d’obtenir une bourse d’étude pour l’étranger.

    Vraies ou fausses, Toutes ces histoires qui pullulent dans les conversations quotidiennes dénotent un véritable mépris du clan Sassou vis-à-vis du Sud. Au Congo de Sassou lorsqu’on nomme un sudiste à un poste, il n’a jamais de véritable pouvoir, il est toujours supervisé par un nordiste du clan Sassou. Ainsi Isidore Mvouba est un premier ministre fictif, Tati Loutard est un ministre des hydrocarbures fictif. Eh oui ! Souvenez-vous de ces manuels scolaires que nous lisions à l’époque ; « OKO montre la mer à Tati ». Maintenant on pourrait écrire « Ngokana montre la mer et les champs pétroliers à Tati Loutard ». C’est tout comme.

    Il est urgent que le régime de Brazzaville cesse de pratiquer la discrimination ethnique entre congolais. Après tout je n’ai pas envie de changer de nom, TCHIBINDA me va très bien. Ni d’apprendre le Mbochi pour monter dans l’échelle sociale. Je prône l’égalité des chances pour tous sur la base du mérite et du savoir.

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    KTK